KYC, KYB — deux acronymes que beaucoup emploient l'un pour l'autre, comme s'il s'agissait de la même vérification. Ce n'est pas le cas, et confondre les deux peut laisser un vrai trou dans votre dispositif de conformité si vos tiers sont majoritairement des entreprises.
KYC : vérifier une personne physique
Le KYC (Know Your Customer) consiste à vérifier l'identité d'un client particulier avant d'entrer en relation d'affaires avec lui : nom, prénom, date de naissance, adresse, pièce d'identité en cours de validité. L'objectif est de s'assurer que la personne est bien celle qu'elle prétend être, et de détecter d'éventuels signaux de risque (sanctions, statut de personne politiquement exposée).
KYB : vérifier une entreprise, pas seulement un dirigeant
Le KYB (Know Your Business) répond à une question différente : cette entreprise est-elle légitime, et qui la contrôle réellement ? Une société peut présenter un Kbis parfaitement en règle tout en étant contrôlée, via plusieurs niveaux de filiales, par une personne qui n'apparaît nulle part sur les documents commerciaux standards.
Concrètement, le KYB implique de vérifier l'existence légale de la structure (Kbis, statuts), d'identifier ses représentants légaux, et de remonter jusqu'aux bénéficiaires effectifs (UBO) — les personnes physiques détenant plus de 25 % du capital ou exerçant un contrôle effectif, même à travers une chaîne de participations.
| Critère | KYC | KYB |
|---|---|---|
| Cible | Personne physique | Personne morale (entreprise) |
| Documents types | Pièce d'identité, justificatif de domicile | Kbis, statuts, identité des UBO |
| Ce qui est vérifié | Identité, statut PEP, sanctions | Existence légale, structure, bénéficiaires effectifs, sanctions |
Pourquoi vous avez souvent besoin des deux
Dans une relation B2B classique, votre cocontractant est une entreprise — mais la personne qui signe le contrat, elle, est un individu qui engage la structure. Un dispositif complet croise donc les deux niveaux : le KYB pour valider l'entreprise et remonter jusqu'à ses bénéficiaires effectifs, le KYC pour vérifier l'identité du signataire et des UBO identifiés.
Négliger l'un des deux volets laisse une porte ouverte : un KYB sans KYC sur les UBO ne permet pas de savoir si l'un d'eux figure sur une liste de sanctions ; un KYC isolé, sans KYB, ne révèle rien sur la structure de propriété qui se cache derrière votre client entreprise.
En résumé
Le KYC vérifie une personne, le KYB vérifie une entreprise et sa structure de contrôle jusqu'aux bénéficiaires effectifs. Pour une relation B2B, les deux sont généralement nécessaires et complémentaires — s'arrêter à l'un des deux niveaux laisse un angle mort dans votre dispositif de vigilance.